LETTRE A MOI-MEME

Mais pourquoi, putain POURQUOI n’en finis-tu pas tout de suite, alors que tu sais pertinemment que c’est le seul moyen de t’en tirer tant soit peu honorablement ? Tu as beau combler le vide que représente ta vie avec divers artifices, avec des espoirs que tu sais vains, je sais que tu sais, toi aussi, à quel point tout cela est inutile. Je sais que tu sais que tu as atteint des sommets de nullité, et que depuis que tu en as pris conscience, seul l’oubli de ce constat te permet de souhaiter prolonger ton existence. Réfléchis un peu, que diable ! Es-tu donc si satisfait de cette vie passée à fuir l’évidence ? Tes petites distractions sont-elles à ce point gratifiantes pour que tu continues de te vautrer dans cette médiocrité ? Tu me diras peut-être que ce sont tes amis, tes relations sociales, réelles ou virtuelles, qui te permettent de tenir le coup. Et bien évidemment, tu occultes leur insignifiance tout autant que la tienne : tes potes sont des nullards, des loosers, osons le dire, des MERDES tout autant que toi, mais ça non plus, tu refuses de le voir. Comme vous avez tous la même stratégie d’évitement, vous vous rassurez les uns les autres, « mais non, c’est trop bien ce que tu fais », « ah lui putain il assure grave j’aime trop ce qu’il écrit », et ça s’entre-congratule et ça se lèche le fion. Mais il suffirait d’une ridicule minute d’introspection, d’analyse, pour réaliser que ce que vous faites, tes potes et toi, n’a strictement aucune valeur. A croire que c’est l’instinct de conservation de l’espèce qui vous pousse à vous encourager les uns les autres à continuer le gâchis que représente vos vies. Tu sais que tu produis de la daube innommable, et lorsqu’une personne te félicite, tu ne peux t’empêcher de fulminer intérieurement, en constatant que pour apprécier une telle merde, tes soi-disant amis manquent cruellement de profondeur et d’esprit critique. Ou, plus simplement, étant donné leur nullité, ils pensent réellement avoir affaire à un chef d’œuvre alors qu’ils sont face à une bouse exemplaire. Et ça ne te vexe pas ? Te faire apprécier par une armée de trous du cul incultes t’apporte-t-il tant de réconfort ? « Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois ». Mon Dieu, quelle gloire, quel panache, quel prestige ! Tu dois être vraiment fier de toi, le matin, en te regardant dans le miroir…

Il t’en faut encore ? Pas de problème, je continuerai jusqu’à ce que tu t’avoues, à toi-même et non à moi, que tu n’es rien d’autre qu’un pitoyable raté. Jusqu’à ce que ce fait soit omniprésent dans tes pensées, jusqu’à ce que ce constat récurrent te soit si insupportable que tu en viennes à souhaiter crever, ce que tu mérites plus que n’importe quel autre être humain sur cette planète. Pourquoi est-ce que je souhaite tant ton suicide ? Disons que c’est une forme d’humanisme. Quand tous les nullards de cette planète se seront flingués, alors l’humanité pourra évoluer vers quelque chose d’infiniment plus satisfaisant. Mais tant que les parasites comme toi s’accrocheront à leur existence de merde pour de risibles prétextes, tout ne pourra aller que de mal en pis. Alors il faut agir, il faut que quelqu’un montre l’exemple. Pourquoi toi ? Et pourquoi pas ?

Pour cela, il faut que tu te réveilles, que tu sortes de ton rêve à la con. Si jusqu’à présent tu es resté parmi les vivants, c’est uniquement parce que tu as réussi à occulter ta médiocrité, à mettre de coté ta nullité et ton inutilité. Toutefois, j’aimerais attirer ton attention sur le coté vain de cette démarche. Tu uses d’artifices afin de ne pas souffrir de ce que tu es, mais dans quel but ? Pourquoi désires-tu continuer sur cette voie qui ne pourra t’apporter que des joies illusoires et des victoires factices ? Ne me fais pas croire, par pitié, que tu es réellement heureux de cet état de fait, tu ne peux nier le fait que ton existence même est dédiée à la fuite, fuite de toi-même, fuite de ta connerie. Fuite du vide qui te caractérise dans les sensations fortes (drogues, films d’angoisse, musique violente), fuite dans les activités décérébrantes grâce auxquelles tu t’empêches de penser (travail à outrance, émissions de télévision stupides ou humoristiques, certaines autres drogues ou médicaments anxiolytiques). Tout est mis en œuvre pour ne jamais se retrouver face à soi-même, et dans cette optique chaque journée ressemble aux autres étant donné que le but réel de ton existence est de se prolonger sans raison valable.

J’ai bien dit « sans raison valable ». Parce que celles que tu invoques ne sont que des excuses bancales, qui masquent avant tout ta peur de crever. En règle générale, tout se base sur l’illusion, notamment celle d’être utile : à ton travail, ta famille, tes amis.

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