LE BLOG DE MON SEVRAGE DU LEXOMIL

Je me souviens de la première boîte de Lexomil que l'on m'a prescrite. C'était dans un contexte particulier.

J'avais 23 ans. L'homme de ma vie (Michel) venait de me mettre à la porte de chez lui (dans le Nord) pour des raisons pas très claires. Il avait déccroché son premier travail dans sa région natale (près de Lille) et je venais d'échouer au CAPES de Maths. Je passais mes vacances d'été chez lui, mes journées étaient ennuyeuses, ponctuées de crises de boulimie, d'alcoolisme et de prises de tête avec lui lorsqu'il rentrait du travail. J'ai appris par la suite qu'il était exploité dans ce premier travail qui ne lui plaisait pas et comme il avait du mal à "extérioriser", cela se retrouvait dans nos relations.

Un jour, il m'a dit : je ne t'aime plus: va-t-en.

Je me souviens que sa soeur m'avait donné  des benzodiazepines (car le choc était violent) pour me calmer. Je crois que c'était du Vallium (qu'elle avait pris avant une opération).

J'en avais abusé...puis j'ai pris la route pour Nancy.

Je ne ressentais pas beaucoup les effets des médicaments jusqu'au moment où je me suis arrêtée dans une cafétéria pour y déjeuner. Là j'ai bu un quart de Rosé.

Une heure après, j'ai eu un accident de voiture. Je pense que je me suis endormie.

Ma voiture était en charpie. Moi, miraculeusement, je ne souffrais que de blessures sans gravité.

Aux urgences de Chalon-En- Champagne, on m'a laissé repartir le lendemain, avec des anti-inflammatoires.

Après un retour chez Michel, plus détestable que jamais, j'ai réussi à rejoindre mes parents dans le midi, grâce à des amis belges qui passait par Lille pour se rendre à Gruissan.

Je me suis donc retrouvée dans le Sud, dans l'appartement de mes parents, sans voiture, "larguée" comme une merde par l'amour de ma vie, couverte d'hématomes et consommant pleins d'anti-inflammatoires.

Toutes les nuits je noyais mon chagrin dans l'alcool et dans le sexe.

J'ai rapidement souffert de l'estomac.

Le médecin de Gruissan m'a diagnostiqué un ulcère, accentué par le stress,et m'a dit de jetter tous ces anti-inflammatoires. Il m' a prescrit en prime: du LEXOMIL

En sortant de chez lui, je suis allée dans un bar avec ma mère, on a bu une bière et discrètement, j'ai pris une barrette de Lexomil. Et là........j'ai vu, j'ai senti...j'ai ressenti:

toutes mes souffrances physiques sont parties, les tensions musculaires dues à l'accident, mes douleurs d'estomac, toutes les souffrances que j'avais dû endurer durant ces derniers mois, mon échec au CAPES, mes tensions avec Michel,........

toutes mes souffrances que j'avais endurées ces dernières années , mes crises de boulimies, mes échecs.......disparus, oubliés, effacés.

C'était indescriptible, j'étais enfin apaisée, calme, heureuse, toute puissante. Je me sentais prête à vivre sans Michel.

Je planais.

C 'était du plaisir.

C'était presque orgasmique.......

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