Le biz de la bien pensance

Le mécanisme à l’oeuvre derrière cette planche est un putain de problème. Les mecs comme toi, avec leur belle petite étiquette de rebelle, ne veulent pas détruire le système de merde que tu décris si bien.
Les mecs comme toi, ils se branlent juste en petit comité, entre initiés, sur leur lucidité (réelle, parce qu’on est bien d’accord sur le fond), en insultant et méprisant au passage les victimes même de ce système dégueulasse.
J’espère que t’avais pas la prétention de faire de la pédagogie. Ah mais non, pardon : toi t’éduques pas la masse, toi tu voulais simplement t’astiquer sur ta compréhension fine des rouages du chobiz, et nous éclabousser avec une ébauche un peu légère de décryptage du business model de l’Internet.
Les meufs comme moi, qui se farcissent en milieu militant des mecs comme toi du 1er janvier au 31 décembre, elles en ont plein le cul d’assister à la branlette publique des révoltés en mousse.
Taper sur les victimes pour se vanter d’avoir tout pigé, centrer un contenu sur les dommages collatéraux plutôt que sur les vrais coupables, pour éviter d’avoir à changer quoi que ce soit, ça m’évoque un tas de trucs impliquant des gros mots comme patriarcat, et autres joyeusetés.
Alors quand t’auras décidé de décrypter pour de vrai l’économie de la gratitude, tu supprimeras peut-être ta page Facebook… L’hôpital, la charité, tout ça. Et puis une fois que tu auras moi-même décidé de ne plus nourrir cette économie de la gratitude, tu pourras te pencher sur les ravages de l’économie de l’attention. Mais vu d’où tu pars, avec ton appel aux like juste en dessous de l’endroit où j’écris ce commentaire, la route va être longue, pour toi.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *